Connaître les espèces et les habitats

Le Parc naturel marin présente par une grande variété d’habitats méditerranéens. De très nombreuses espèces animales et végétales y trouvent des milieux propices pour se nourrir et se reproduire. La protection de cette biodiversité et le maintien de ces écosystèmes sont placés sous la responsabilité du Parc. Des efforts importants sont consacrés à l’acquisition de connaissances. 

Suivi de la faune du large

Plusieurs programmes ont permis d'acquérir des connaissances sur les cétacés présents dans le périmètre du Parc naturel marin, leur distribution et l'estimation des abondances des principales espèces. Le Parc réalise un suivi afin de combler une partie des lacunes de connaissances restantes. 

Le suivi des populations a été lancé en 2018 sur l’ensemble du Parc naturel marin. Chaque année, deux campagnes d’observations d’une semaine sont organisées pour collecter des données de terrain, l’une au printemps et l’autre en automne/début de l’hiver. Ces campagnes sont complétées par des sorties mensuelles.

Ces campagnes permettent également d’acquérir des connaissances sur les autres compartiments de la mégafaune marine - oiseaux, tortues, grands poissons pélagiques - les activités anthropiques et les macrodéchets.

Agent du Parc naturel marin et du SD09 sur le terrain

Agents en cours d'observation de la faune marine du large

Bruno Ferrari / Office français de la biodiversité

Agents en cours d'observation de la faune marine du large

Bruno Ferrari / Office français de la biodiversité

Suivi des habitats

Dans le cadre de la mise en œuvre de deux directives européennes - la Directive Habitat Faune Flore et la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) -  l’évaluation de l’état de conservation de trois habitats côtiers - l’herbier de Posidonie, le coralligène et la roche infralittorale - ainsi que l’habitat profond formé par les récifs de coraux, est menée par l’équipe du Parc naturel marin.

Les résultats permettront d’évaluer précisément l’état écologique de ces habitats remarquables et de définir les futures ZPF (zones de protection forte) sur le territoire du Parc.

Agent du Parc naturel marin sur le terrain

Agent du Parc naturel marin lors du suivi EBQI sur un herbier de posidonies

Romain Hubert / Office français de la biodiversité

Agent du Parc naturel marin lors du suivi EBQI sur un herbier de posidonies

Romain Hubert / Office français de la biodiversité

Herbier, coralligène et roche infralittorale

Le suivi des habitats herbiers de posidonies, coralligène et roche infra littoral est réalisé en selon le principe de l’EBQI (Ecosystem-based Quality Index). Conçu par l’Institut Méditerranéen d’Océanologie de Marseille, il consiste à prendre en compte de nombreux groupes biologiques fonctionnels d’un même écosystème pour caractériser son état écologique.

Concernant l’herbier de Posidonies, des mesures de croissance et de densité sont effectuées et la litière détritique analysée. Les espèces représentatives de plusieurs embranchements tels que poissons, éponges, cnidaires, échinodermes, bryozoaires sont précisément recensées le long de transects ou bien à l’aide de quadrats. Des méthodes de travail non destructives ont été privilégiées afin de ne pas impacter le milieu.
Le coralligène et la roche infralittorale à algues photophiles sont évalués sur le même principe.

L’EBQI est mis en œuvre sur plusieurs sites en Méditerranée pour permettre aux différents gestionnaires de comparer leurs résultats et d’avoir une vision globale de l’état écologique des habitats marins et possiblement de mettre en place des mesures de préservation.

Canyons profonds

Depuis 2015, les travaux d’étude du canyon de Lacaze-Duthiers menés en partenariat avec  le Laboratoire d’Ecogéochimie des Environnements Benthiques (LECOB CNRS/ Sorbonne Université) se concentrent sur deux axes : 

1/ le développement et le test d'une méthodologie pour l’analyse de la diversité de la mégafaune associée aux récifs de coraux profonds à partir de reconstitution en 3D.

2/ la compréhension des relations entre les apports saisonniers de ressource organique et la diversité de la faune.

Tous ces éléments sont autant de briques qui alimentent les réflexions sur la définition de la stratégie de suivi des habitats profonds.

Mise à l'eau du ROV

Mise à l'eau du ROV (Remotely Operated underwater Vehicle) pour l'exploration du canyon Lacaze-Duthiers

Office français de la biodiversité

Mise à l'eau du ROV (Remotely Operated underwater Vehicle) pour l'exploration du canyon Lacaze-Duthiers

Office français de la biodiversité

Navire océanographique, le Janus, salle de contrôle

Intérieur de la salle de contrôle du Janus, navire océanographique de la Comex

Office français de la biodiversité

Intérieur de la salle de contrôle du Janus, navire océanographique de la Comex

Office français de la biodiversité

Mise à l'eau du ROV

Mise à l'eau du ROV (Remotely Operated underwater Vehicle) pour l'exploration du canyon Lacaze-Duthiers

Office français de la biodiversité

Mise à l'eau du ROV (Remotely Operated underwater Vehicle) pour l'exploration du canyon Lacaze-Duthiers

Office français de la biodiversité

Corail profond de Méditerranée

Paysage sous-marin, corail profond, lors d'une plongée dans les canyons profonds de Méditerranée (canyon Lacaze-Duthiers)

Office français de la biodiversité

Paysage sous-marin, corail profond, lors d'une plongée dans les canyons profonds de Méditerranée (canyon Lacaze-Duthiers)

Office français de la biodiversité

Navire océanographique à quai à Port-Vendres

Le Janus, navire océanographique de la comex au départ d'une mission sur le canyon Lacaze-Duthiers

Office français de la biodiversité

Le Janus, navire océanographique de la comex au départ d'une mission sur le canyon Lacaze-Duthiers

Office français de la biodiversité

Suivi des espèces réglementées

En raison du déclin de leurs populations, le mérou, le corb et le corail rouge font partie des espèces marines pour lesquelles il a été nécessaire de réglementer la pêche. 

Des suivis de populations ont été initiés afin d’évaluer l’effet de la mise en place de ces réglementations et leur durée.

Agent du Parc naturel marin sur le terrain en comptage

Agents en cours de comptage du mérou et du corb, deux espèces réglementées

By DSC User - J. Pastor

Agents en cours de comptage du mérou et du corb, deux espèces réglementées

By DSC User - J. Pastor

Mérous

Depuis 2015, tous les trois ans, la Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls réalise un suivi de populations de mérou brun et de corb. Le Parc a rejoint cette action dans le cadre de l'évaluation des arrêtés réglementant leur pêche (1993 pour la chasse sous-marine du mérou, étendu à la pêche à l'hameçon en 2003 ; 2014 pour le corb). 

En 2017, 608 mérous ont été comptabilisés dans la Réserve et moins d'une dizaine dans les 4 sites prospectés hors Réserve. Une augmentation significative du nombre de mérous puisqu'en 2014, seulement 430 mérous avaient été dénombrés dans la Réserve.

La différence entre les effectifs dans la Réserve et hors Réserve est associée à l'effort important de protection et de surveillance des activités mis en place en 1974 ainsi qu'à la présence d'un habitat favorable.

Corbs

Depuis quinze ans, des comptages visuels de corbs sont réalisés en plongée sous-marine par les agents de la Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls. La population au sein de la Réserve est en légère diminution (321 individus en 2017 contre 360 en 2014).

Les comptage visuels sont complétés par un suivi de la distribution de cette espèce sur l’ensemble de la côte ainsi que sur les zones de reproduction identifiées. Ce suivi est opéré grâce à un nouvel outil prometteur : l’acoustique passive. Cette étude permettra la réalisation d'une cartographie en 3D de la distribution du corb sur plusieurs sites du Parc naturel marin.

Comptage sous-marin

Agents en cours de comptage du mérou et du corb, deux espèces réglementées

Didier Fioramonti

Agents en cours de comptage du mérou et du corb, deux espèces réglementées

Didier Fioramonti

Agent du Parc naturel marin sur le terrain

Suivi du corail rouge

Emmanuelle Rivas / Office français de la biodiversité

Suivi du corail rouge

Emmanuelle Rivas / Office français de la biodiversité

Corail rouge

Pour actualiser une étude qui avait été réalisée en 2012-2013, les coraux du Parc naturel marin et de la Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls ont fait l'objet d’un nouveau suivi en 2019. 

Les résultats indiquent que la densité totale de coraux a diminué depuis 2012 dans la majorité des sites étudiés et que les colonies de coraux situées au sein de la Réserve intégrale se portent significativement mieux que celles situées en-dehors de cette zone.

Ces conclusions confirment l’effet positif d’une protection renforcée sur le corail rouge et justifient le maintien de l’arrêté 

Le conseil de gestion du Parc naturel marin du golfe du Lion a validé, par vote, la décision de reconduite de l'arrêté encadrant la récolte de corail rouge.

Suivi des populations de poissons

Les agents du Parc naturel marin réalisent un suivi des peuplements de poissons dans le Parc selon la méthode FAST (Fish Assemblage Sampling Technique). L’objectif est d’obtenir une image "instantanée" des populations de poissons ciblées par la pêche de loisir, professionnelle et la chasse sous-marine.
 

En 2020, le suivi a été réalisé sur 7 sites de la côte rocheuse, choisis en fonction de leur niveau de réglementation et de fréquentation. Leur point commun : la présence d’habitats similaires (herbier de posidonie, coralligène, sable, roche).
23 espèces de poissons et 6 espèces dites « jokers » (car moins souvent rencontrées mais à forte valeur patrimoniale) ont été sélectionnées. Les comptages ont été réalisés en plongée sous-marine, entre 0 et 20 m de profondeur.

Les résultats de cette campagne confirme globalement « l’effet réserve » sur le périmètre de la Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls avec un pic bien marqué au niveau de la zone de protection renforcée (au sein de laquelle aucun prélèvement, ni plongée, ni apnée ne sont autorisés). Par contre, plus on s’éloigne de la Réserve naturelle marine, aussi bien vers le sud que vers le nord, plus les indicateurs diminuent (aussi bien en nombre d’espèces, classe de tailles et proportion de carnivores), ce qui peut témoigner de pressions de prélèvement plus importantes.

Ces données vont aider à l'identification de zones géographiques adéquates pour la mise en place de zones de protection forte dans le Parc ainsi qu'à leur évaluation.

Mostelle dans le coralligène

Une mostelle de roche (Phycis phycis), poisson appréciant les failles, les cavités, notamment dans le coralligène

Emmanuelle Rivas / Office français de la biodiversité

Une mostelle de roche (Phycis phycis), poisson appréciant les failles, les cavités, notamment dans le coralligène

Emmanuelle Rivas / Office français de la biodiversité

Sciences et gestion en milieu profond

https://www.youtube.com/watch?v=TlfFnwnPVPc&list=PL6MJ0E_Nq6LSuxrrw2HXmEP4lwbl1i0FJ&index=3&t=0s