Gérer des zones de mouillage

Le Parc naturel marin du Golfe du Lion abrite des écosystèmes d’importance écologique notable tels que l’herbier de posidonie et les roches sous-marines (coralligène et roche infralittorale : https://www.parc-marin-golfe-lion.fr/editorial/coralligene). Néanmoins, ces habitats sont menacés par l’ancrage des bateaux.

Une Zone de Mouillages et d’Equipements Légers (ZMEL) est une zone sur laquelle l’ancrage est interdit afin de préserver ces habitats sous-marins. Des bouées d’amarrage sont installées sur ces zones, permettant d’accueillir les bateaux de plaisanciers, de plongée, etc. dans des conditions respectueuses des impératifs de sécurité ainsi que de protection de l’environnement.

Impact des ancres sur l'herbier de posidonie

Feuilles d’herbier de posidonie arrachées par une chaîne

Feuilles d’herbier de posidonie arrachées par une chaîne

A.Martin / Office français de la biodiversité

Feuilles d’herbier de posidonie arrachées par une chaîne

A.Martin / Office français de la biodiversité

Impact d'une chaîne de mouillage sur l'herbier de posidonie

Impact d'une chaîne de mouillage sur l'herbier de posidonie

X.Rozec / Office français de la biodiversité

Impact d'une chaîne de mouillage sur l'herbier de posidonie

X.Rozec / Office français de la biodiversité

Touffe d’herbier de posidonie arrachée par une ancre de bateau

Touffe d’herbier de posidonie arrachée par une ancre de bateau

R.Parra / Office français de la biodiversité

Touffe d’herbier de posidonie arrachée par une ancre de bateau

R.Parra / Office français de la biodiversité

La ZMEL du Parc naturel marin

Depuis 2011 le Parc gère une ZMEL comprenant 14 bouées, réparties sur 4 sites différents entre Collioure et Cerbère.

Les bouées sont installées chaque saison, du 1er avril au 30 novembre. En dehors de cette période, les dispositifs sont enlevés (hormis les platines d’ancrage scellées à la roche) pour éviter leur dégradation par les conditions de mer hivernales.

Les bouées sont rouges et numérotées de 30 à 43. Elles sont réservées prioritairement aux navires support de plongée. Des plaisanciers peuvent s’y amarrer mais doivent céder la place si un navire de plongée se présente.

Ce code couleur est le même que celui utilisé dans la Réserve, avec des bouées blanches, réservées prioritairement aux plaisanciers.

Bouee rouge destinee prioritairement aux structures de plongee

Bouee rouge destinee prioritairement aux structures de plongee

M.Morineaux / Office français de la biodiversité

Bouee rouge destinee prioritairement aux structures de plongee

M.Morineaux / Office français de la biodiversité

Ligne de mouillage

Ligne de mouillage avec flotteur intermédiaire

B.Ferrari / Office français de la biodiversité

Ligne de mouillage avec flotteur intermédiaire

B.Ferrari / Office français de la biodiversité

Au mouillage

Structures de plongée utilisant les bouées

Alizée Martin / Office français de la biodiversité

Structures de plongée utilisant les bouées

Alizée Martin / Office français de la biodiversité

Bientôt de nouvelles bouées

Un projet concerté

Le Parc s’apprête à faire évoluer cette ZMEL, à ce jour sous-dimensionnée pour l’activité de plongée et ne proposant pas de bouée blanche, prioritairement destinées aux plaisanciers. Le projet de complément vise donc l'ajout de trente-huit nouvelles bouées (principalement blanches) et l’ajustement du périmètre des zones associées.

Le nombre et la position de ces bouées complémentaires ont été définis grâce à un suivi de la fréquentation des différents usages, réalisé entre juin et septembre 2020 par le Parc, et par la concertation menée auprès des différents usagers de la mer.

Ainsi, de nouvelles bouées seront notamment installées dans l’anse des Batteries, dans les criques d’en Baux et de l’Oli, ainsi qu’à Sainte Catherine.

Le Parc a déposé en janvier 2021 le dossier de demande pour la mise en place de ces nouvelles bouées, auprès des services de l’Etat. Le temps administratif de traitement de ce dossier peut prendre jusqu’à 10 mois, notamment parce que ces installations sont réalisées dans des sites classés ou inscrits (dont le cap Béar) où la notion de paysage doit être prise en compte et nécessite une autorisation ministérielle. Ces bouées seront installées d’ici avril 2022.

Suivi de la fréquentation

Suivi de fréquentation durant l’été 2020

A.Martin / Office français de la biodiversité

Suivi de fréquentation durant l’été 2020

A.Martin / Office français de la biodiversité

Qu’est ce qui va changer ?

Les périmètres des ZMEL existante ont été légèrement modifiés pour maximiser la protection des habitats d’intérêt et s’adapter aux usages présents. Sur ces périmètres, 38 nouvelles bouées seront ajoutées, soit un total de 52 bouées, réparties ainsi :

  • La Moulade : 4 bouées rouges + 1 bouées blanches
  • Cap Gros : 5 bouées rouges + 11 bouées blanches
  • Sainte-Catherine : 10 bouées rouges + 18 bouées blanches
  • Canadells : 2 bouées rouges + 1 bouées blanche

L’ancrage sera interdit toute l’année. Les bouées seront gratuites et installées entre le 1er avril et le 30 novembre. En hiver, 20 flotteurs seront installés à la place pour permettre aux bateaux de continuer à s’amarrer.

L’amarrage de nuit sera autorisé, mais il sera limité en journée.

Il n’y aura aucune règlementation spécifique de la pêche dans ces zones mais tout rejet d’ordures, d’hydrocarbures ainsi que tous liquides insalubres sera interdit.

Futur projet de ZMEL (pdf - 847.57 Ko)

Chiffres-clés

Eléments techniques

Les dispositifs d’ancrage des 14 bouées existantes (et des 38 bouées futures), sont installés sur substrat rocheux grâce à la technique des platines à scellement chimique. Des vis à sable permettront également d’installer certains des dispositifs d’ancrages sur substrat sableux. Les lignes de mouillage sont munies de flotteurs intermédiaires pour éviter le ragage de la ligne sur le fond.

Ces dispositifs sont installés sur une profondeur minimale de 5m pour assurer une meilleure résistance aux coups de mer. Le rayon d’évitement entre les bouées est également pris en compte.

La création de ces 38 nouveaux dispositifs est estimée à 160 000 € financée par le Plan France Relance. Les coûts de fonctionnement (pose/dépose annuelle et entretien des dispositifs) seront supportés par l’OFB et sont estimés à environ 60 000 € par an.

Schéma d’un dispositif d’amarrage sur substrat rocheux

Schéma d’un dispositif d’amarrage sur substrat rocheux

Chumil Morales Gramajo / OFB

Schéma d’un dispositif d’amarrage sur substrat rocheux

Chumil Morales Gramajo / OFB