Le littoral

Une biodiversité méconnue à protéger

Le système côtier abrite plusieurs écosystèmes qui agissent entre eux et sont essentiels pour un fonctionnement naturel et périn dans le temps du littoral tel qu'il est connu actuellement, dans un contexte de changement climatique global.

Pour agir et gérer cette aire marine protégée, l’amélioration des connaissances du littoral et de son fonctionnement est essentiel ainsi que la prise de conscience de la présence et de l’importance de la restauration, la protection et le développement des habitats et des espèces qui y sont présentes. 

La laisse de mer

La laisse de mer est un mélange de débris organique et végétal rejeté sur la plage par le mouvement de la mer. C’est une formation riche en matière organique permettant le développement du premier stade de la dune : la dune embryonnaire. 

La laisse de mer a deux rôles :

  • Un rôle écologique : elle sert de base à la chaîne alimentaire de la plage, elle est source de nourriture, de ponte ou encore de nidification.
  • Un rôle géomorphologique : elle est le premier rempart contre l'érosion et participe à la stabilité du cordon dunaire. En effet grâce aux différents éléments qui la compose, elle protège la côte des effets mécaniques des vagues en les amortissant et permet la retenue du sable, ce qui atténue le phénomène d’érosion. 

La laisse de mer peut-être vue comme une source de déchets voire de danger (hameçons…). Les municipalités côtières ont pour la plupart recours à l’utilisation d’engins mécaniques afin de nettoyer les plages, et supprimer la laisse de mer qui constitue pourtant un écosystème primordial pour un fonctionnement naturel du littoral. De plus, ce nettoyage non sélectif met en péril l’intégralité du système dunaire en prélevant de grandes quantités de sédiments qui seront perdues pour le système littoral. Un nettoyage manuel et sélectif afin d’enlever toutes les pollutions anthropiques est plus respectueux du milieu naturel et de son fonctionnement.   

L'horizon à l'arrière d'un bateau

L'horizon à l'arrière d'un bateau de pêche

Andréa Sabbio / WWF - Office français de la biodiversité

L'horizon à l'arrière d'un bateau de pêche

Andréa Sabbio / WWF - Office français de la biodiversité

La plage

Le linéaire littoral du Parc naturel marin se partage entre côte rocheuse et côte sableuse.

La côte sableuse

En terminaison de la plaine du Roussillon, la côte sableuse s’étend de Leucate jusqu’à Argelès-sur-mer. La caractéristique de ce littoral est la présence de plusieurs zones typiques : une plage immergée, une plage émmergée et une dune végétalisée, plus ou moins développée selon les endroits. Ce littoral est en évolution permanente avec un paysage façonné au gré des tempêtes hivernales. Le facteur éolien est primordial. C’est celui-ci qui, combiné à l’action des vagues permet des échanges constants entre les barres sédimentaires (accumulations pré littorales de sable parallèle au rivage sous l’effet de la houle), la plage et  les dunes. 

Littoral sableux

Plage de sable du côté d'Argelès-sur-Mer

Emmanuelle Rivas

Plage de sable du côté d'Argelès-sur-Mer

Emmanuelle Rivas

Littoral de la côte sableuse

Panorama de la plage du Racou, hors saison, avec le port d'Argelès-sur-Mer en arrière-plan

Emmanuelle Rivas

Panorama de la plage du Racou, hors saison, avec le port d'Argelès-sur-Mer en arrière-plan

Emmanuelle Rivas

Les causes de l’érosion de la côte sableuse sont multiples, naturelles comme le changement climatique ou anthropiques avec l'artificialisation de la bande littorale ou la construction d’aménagements lourds tel que les ports. Cependant, pour connaître toutes les origines de l’érosion s'intéresser seulement le littoral ne suffit pas, il faut regarder comment se fait l’apport sédimentaire. En effet, les bassins versants des fleuves côtiers représente la principale source en sédiment pour le littoral. Depuis les années 1960, de grandes quantitées de matériaux sont prélevés et des obstacles affectant le transit sédimentaire sont construits, des barrages par exemple. 
Tous ces facteurs combinés contribuent à accroître l’érosion côtière. 

La côte rocheuse des Albères

Elle s’étend d’Argelès-sur-mer à Cerbère (frontière espagnole)  est longue de 35 km. 
Les caractéristiques de ce littoral sont très différentes, on y observe une alternance de caps et de baies. Elle est constituée essentiellement de falaises schisteuses qui se jettent dans la mer, entrecoupées de petites plages ou de criques. 
Deux facteurs d’érosion concernent la côte rocheuse, le premier concerne les hauts de falaise, il s’agit du facteur météorologique. Le second concerne les pieds de falaise avec la houle (cordon de sable ou galets) 
 

Paysage de la côte rocheuse

Pointe de Cap Gros où sont installés des bouées pour les plongeurs en période estivale

Xavier Rozec / Office français de la biodiversité

Pointe de Cap Gros où sont installés des bouées pour les plongeurs en période estivale

Xavier Rozec / Office français de la biodiversité

Les dunes

Ci-dessous, les descriptions des dunes présentes sur le littoral sableux et de leurs différents stades d'évolution. 

Haut de plage

C’est la première partie de la dune, ces habitats sont en lien direct avec la laisse de mer. Cette zone est éphémère et disparaît lors des tempêtes hivernales sous l’action des vagues hautes. Le haut de plage ne peut être présent que si la dynamique naturelle du milieu est respectée. La végétation est adaptée à de fortes concentrations en sel et dispersée. 

Dune embryonnaire

C’est le premier stade d’élévation de la dune, précurseur des reliefs sédimentaires permanents. Le sable est en permanence remanié. Le recouvrement végétal est faible, avec des espèces herbacées basses ou moyennes. 

Dune blanche ou dune vive 

C’est la partie la plus haute de la dune et  la plus exposée au vent. Les espèces végétales présentent sont aussi moins tolérantes au sel. Le couvert végétal peut atteindre 75 % dans cette zone de la dune et le système racinaire de ces espèces y est plus développé. 

Dune fixée

Cette partie de la dune est protégée des incursions marines et de l’ensablement. La biodiversité y est très importantes. La végétation est à l’arrière du cordon, cette zone représente la jonction entre une dune mobile et une dune ou les sédiments sont  fixés.

L'horizon à l'arrière d'un bateau

L'horizon à l'arrière d'un bateau de pêche

Andréa Sabbio / WWF - Office français de la biodiversité

L'horizon à l'arrière d'un bateau de pêche

Andréa Sabbio / WWF - Office français de la biodiversité

Etang de Canet en Roussillon

Côte sableuse vue du ciel, étang de Canet en Roussillon

Marc Dumontier

Côte sableuse vue du ciel, étang de Canet en Roussillon

Marc Dumontier

Lagune ou zone boisée

Les lagunes sont le fruit d’un processus très long qui existe à la suite d’un travail continu des vagues et des courants. Cette évolution d’origine naturelle, est souvent façonnée aussi par l’Homme. Certaines lagunes sont en communications directes avec la mer par le biais de graus ou de canaux. Elles sont salées et généralement peu profondes, (1 mètre en moyenne). Elles représentent une grande diversité et richesse écologique, visibles à plusieurs endroits du littoral Languedocien, elles constituent des paysages remarquables. La zone boisée correspond à un habitat avec des faciès de substitution d’anciennes plantations. Sur la côte Languedocienne, la présence de Pins thermophiles y est dominante. 

Les espèces envahissantes

Les espèces envahissantes sont le plus souvent des  introductions causées par l'Homme d'espèces exotiques qui peuvent altérer les caractéristiques structurelles et fonctionnelles des écosystèmes naturels et nuire à des espèces locales. Sur le littoral Méditerranéen on en distingue plusieurs. Des actions sont menées afin de remédier à la prolifération de ces espèces. 
 
Concernant le Figuier de Barbarie, le parc mène une action commune avec le Mas Larrieu afin de contrôler cette espèce. Pareillement, l’association LabelBleu, avec l’aide des élu(e)s locaux mène une action contre la prolifération des Griffes de sorcières.