Requin peau-bleue

Prionace gauca

Prionace vient du grec prion signifiant scie et akis pointe, deux caractéristiques de sa redoutable dentition !

Fiche d’identité

Nom scientifique : Prionace gauca
Taille moyenne : 2,50 m à 3 m.
Statut de conservation : quasi menacé (source UICN)
Statut de protection : aucun
Aire de répartition : Méditerranée, Atlantique, Pacifique, océan Indien
 

Requin peau bleue

Requin bleu (Prionace glauca)

Emmanuelle Jean / Office français de la biodiversité

Requin bleu (Prionace glauca)

Emmanuelle Jean / Office français de la biodiversité

Critères d’identification

Son corps est fuselé et gracieux, le dos d’un bleu indigo brillant, le ventre et les flancs blancs. L’aileron dorsal n’est pas très imposant. Les pectorales falciformes vues du dessous sont également blanches avec les extrémités noires. La nageoire caudale est asymétrique, le lobe supérieur, échancré en son extrémité, est nettement plus important que le lobe inférieur. Présence de 2 petites carènes sur le pédoncule caudal.
Son museau arrondi est étroit avec deux gros yeux noirs munis d’une membrane nictitante (3ème paupière protectrice). Sa bouche présente en haut, des dents triangulaires aux bords dentelés et pour la mandibule inférieure, celles-ci sont étroites et lisses, le tout compose un ensemble redoutable. Le dimorphisme sexuel est très marqué, le mâle possédant une paire de ptérygopodes, adaptation des nageoires pelviennes permettant de féconder la femelle.
 

Habitat

Essentiellement pélagique, le requin peau-bleue à l’instinct du large, sa captivité en aquarium est de ce fait impossible. Capable d’évoluer entre les eaux de surface jusqu’à 350 m de profondeur, il s’accommode de températures basses comprises entre 5 et 20°C. En zones tropicales ou quand les eaux se réchauffent, il plonge dans les profondeurs où la température est plus froide.

Mode de vie

Plutôt solitaire, il se rassemble en bancs de même sexe en période de grandes migrations. On le retrouve dans presque tous les océans et mers du monde où il chasse préférentiellement le calmar mais les crustacés, autres squales et carcasses de cétacés font aussi l’affaire.
Le requin peau-bleue est vivipare, la période de reproduction se déroule généralement au printemps. Les femelles ont une peau trois fois plus épaisse que celle des mâles pour résister aux morsures et accouplements brutaux ainsi qu’aux eaux plus froides. Après une gestation longue (de 9 à 12 mois) la femelle met au monde entre 30 à 50 petits d’une longueur comprise entre 35 et 60 cm. Le requin peau-bleue atteint sa maturité sexuelle vers 5 ans en moyenne. 
En été, il arrive parfois qu’un individu se rapproche de nos côtes, il s’agit bien souvent d’un spécimen désorienté, malade ou ayant subi un choc avec l’étrave d’un bateau par exemple. Un requin peau-bleue près du bord repart seul sinon c’est un requin perdu.  Il est illusoire de croire qu’il pourra être sauvé malgré tous les efforts qui seront mis en œuvre.
Bien que n’étant pas agressif, il est préférable de rester à distance d’un animal sauvage.

Menaces

La pêche industrielle, (palangres, chaluts et filets) est l’une des principales cause de la diminution inquiétante des effectifs de requin peau-bleue ainsi que de nombreuses autres espèces (dont les oiseaux marins). De plus, la demande croissante sur les marchés asiatiques concoure au développement de la pêche intensive. 
Sur nos côtes, on observe un regain de la pêche récréative au requin. Celle-ci utilise du matériel de plus en plus performant et vise les grands spécimens ce qui n’est pas sans conséquence sur les stocks.
Enfin, la pollution (métaux lourds, résidus organochlorés, etc) est la menace commune qui pèse sur toutes les espèces.